La bécasse est un oiseau forestier au beau plumage brun-rouge rappelant la couleur des feuilles mortes. Dessous jaunâtre finement barré. Tête ronde au long bec droit ; elle fréquente les régions boisées entrecoupées de champs et de clairières, surtout avec des fourrés humides et des massifs de conifères. Elle s’active surtout au crépuscule. Son vol rapide, aux changements brusques de direction, est très caractéristique. C’est un oiseau discret. Les meilleures chances de la voir sont au printemps entre avril et juin, au crépuscule, quand elle traverse une clairière ou longe un layon, en vol nuptial (la croule). Quand on la dérange, elle s’envole dans un vrombissement d’ailes sonore en se faufilant entre les arbres.

Nous avons fait cette semaine une belle rencontre avec un chasseur de bécasse ; se souvenant des moindres détails, l’homme témoigne de sa première sortie ; en voici quelques extraits :

Assis dans l’atelier en face de la poutre, rêveur, je me souviens de mon premier jour de chasse avec des amis, nos après midi d’escapades en pleine foret près de Toulouse. Je me rappellerai toujours de ce coup de foudre sur l’étang, des images en cascade comme autant de souvenirs, la mousse d’un blanc rosâtre qui recouvrait la Garonne non loin, les gargottes sur la berge où des vendeuses pétillantes proposaient quelques fripes.

Je m’en souviens comme si c’était hier, on sentait une forte odeur de marron en s’approchant du quai.

Bref, nous ne courrions pas après la chasse au sanglier et nous raffolions de la bécasse. Il nous arrivait même autrefois de braconner un petit peu de nuit, quand la bécasse quitte les fourrés pour partir à la recherche de nourriture.

Il nous a également confié de nombreuses anecdotes tout au long de la discussion :

 Que le Pierro était tellement fort qu’il arrivait à tuer les biches à grand coup de bottes sur la nuque. Le narrateur se met à rire et en trouve une autre sur son compagnon : un jour ayant vu bougé dans un taillis, il vida ses douilles sur un crapaud. Le rire nous pris.

Chaque dimanche, pour le repas du soir, la bande avait l’habitude de se rendre dans une petite auberge en lisière de foret. « A chaque fois, le tenancier se mettait devant la porte et me disait : « c’est à l’ami que j’offre mon vin, et goutte moi donc vite fait cette fine appellation ! ».

Nous étions toujours bien reçus, bon accueil, bon esprit ! Il faut être peu pour bien diner. Notre groupe remplissait toujours la sale, c’était convivial, voire même  familial. Nous y  étions bien. On prenait toujours de la tourte aux cailles. On s éclatait la panse en dinant.  La vie est courte, il faut bien en profiter : les rites sont un bien nécessaire.

 

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